Articles de Septembre 2020

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Prévisions des effectifs au collégial. Un modèle trompeur

Frédéric Lacroix - avatar Frédéric Lacroix > Cégeps 101

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) utilise un modèle de prévision des effectifs au collégial pour guider le développement futur du réseau. Ce modèle, qui ne tient pas compte de la dynamique linguistique qui se déploie actuellement au Québec et à Montréal en particulier, minimise le développement futur et la place grandissante qu’occupent et qu’occuperont les cégeps anglais au Québec.

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Confinement et indépendance

Rémi Villemure - avatar Rémi Villemure > Septembre 2020

Au tout début du tome 1 de Mes Mémoires (1878-1920), Lionel Groulx évoque l’enfance, qui fut la sienne, de façon merveilleuse. Élevé sur une petite ferme de la région de la Montérégie, celui qui deviendrait un jour l’intellectuel québécois le plus influent de la première moitié du XXe siècle se disait, dès son plus jeune âge, « prisonnier joyeux de son petit horizon ». Jusqu’à tout récemment, la formule empruntait à l’oxymore ses lettres de noblesse. Si elle prenait tout son sens au fil de la découverte de l’œuvre du chanoine, elle avait tout de même de quoi perturber le jeune lecteur de cette vaste composition. Puis, les temps ont changé.

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La loi 101 au cégep. Une question de cohérence

Yannick Lacroix - avatar Yannick Lacroix > Cégeps 101

Professeur de philosophie au Cégep de Maisonneuve. Version remaniée d’un texte paru au mois de juin 2020 sur le site internet de la revue Argument. Au mois de juin dernier, la présidente de la Fédération des enseignantes et des enseignants de cégep (FEC-CSQ) réagissait à l’annonce d’un agrandissement du cégep Dawson prévu par la loi 61 (pour le moment suspendue) dans les pages du Journal de Montréal : ce projet, écrivait-elle, « n’est pas à favoriser ». Elle écartait cependant, d’un même mouvement, l’idée d’étendre la loi 101 au collégial : il y aurait en effet « d’autres pistes à explorer afin de préserver ce qu’il reste encore du fragile équilibre linguistique et de la coordination dans le réseau des cégeps1. »

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L’idéologie intersectionnaliste et la question nationale

Michel Roche - avatar Michel Roche > Septembre 2020

L’aspiration à l’indépendance exprimée dans divers secteurs de la population ou partis politiques est perçue, chez une partie de la gauche, tantôt avec indifférence, tantôt avec méfiance ou hostilité ouverte. L’un des paradoxes de cette gauche réside dans l’étiquette d’« identitaire » qu’elle inflige sans nuances aux indépendantistes tout en valorisant les multiples identités minoritaires.

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Liberté. 60 ans de luttes et d’idées

Alexis Tétreault - avatar Alexis Tétreault > Comptes rendus de Septembre 2020

Liberté60 ans de luttes et d’idées. La déroute des hérosMontréal, no 326 (hiver 2020) Pour qu’adviennent un raisonnement aiguisé et une pensée bien structurée, nous dit Alain Finkielkraut, il faut arriver à penser contre soi-même. C’est, on imagine, avec cette intention que les collaborateurs de la revue Liberté ont abordé leur dernier opus qu’ils ont nommé « 60 ans de luttes et d’idées. La déroute des héros ». Il s’agit de revisiter l’héritage de la revue et, plus généralement, l’histoire du Québec dans une perspective critique. Or, que ce soit contre soi-même, pour soi-même ou encore avec soi-même, il appert que la réflexion-tout-court n’est pas dans l’habitude desdits collaborateurs. Se penchant sur l’histoire du Québec, ils ne la méditent pas. Ils crachent leur mépris postmoderne suintant d’ingratitude sur cette histoire qu’ils ne connaissent que partiellement.

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Pierre Mouterde. Les impasses de la rectitude politique

David Santarossa - avatar David Santarossa > Comptes rendus de Septembre 2020

Pierre MouterdeLes impasses de la rectitude politiqueVaria, 2019, 167 pages Plusieurs essais de 2019 ont porté sur la rectitude politique. L’empire du politiquement correct de Mathieu Bock-Côté critiquait à partir d’un point de vue conservateur ce mécanisme qui distingue avant toute discussion démocratique les idées acceptables de ceux qui ne le sont pas. De l’autre côté du spectre politique, Judith Lussier dans On peut plus rien dire, évoquait que le nouveau vocabulaire propre à la gauche, loin de censurer les débats, permettait plutôt une mise à jour des combats pour l’égalité de toutes les minorités. On attendait donc un essai venant de la gauche qui se ferait critique de ce phénomène. C’est vers la fin 2019 qu’est arrivé sur les tablettes Les impasses de la rectitude politique de Pierre Mouterde. Dans cet essai, l’auteur défend l’idée selon laquelle la gauche doit reprendre à son compte la critique de la rectitude politique, car il observe que dans l’espace...

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Martine Ouellet. Horizon 2030

Daniel Gomez - avatar Daniel Gomez > Comptes rendus de Septembre 2020

Martine OuelletHorizon2030. Choisir un Québec climato-économiqueMontréal, Québec Amérique, 2019, 117 pages Martine Ouellet est ingénieure. Elle a œuvré chez Hydro-Québec en efficacité énergétique et a été députée du Parti québécois et ministre des Ressources naturelles. On peut sans risque la qualifier de « grosse pointure » en ce qui concerne le développement écologique. C’est aussi une fervente militante écologiste pour qui il ne fait pas de doute qu’Il y a urgence en la matière ; mais pour que le Québec puisse faire pleinement face à cette urgence, il est impératif qu’il fasse son indépendance.

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Le confinement du français dans l’enseignement supérieur au Québec

Marc Chevrier - avatar Marc Chevrier > Cégeps 101

En cette période dite de « déconfinement » incertain, où l’apparent retour à la vie normale après plusieurs mois de réclusion abat une après l’autre les barrières érigées contre la pandémie de la COVID-19, subsiste une réalité, typique de ce coin d’Amérique, qui risque de rester longtemps confinée : la langue. Cette chère langue française, proclamée officielle depuis la loi 22 de Robert Bourassa adoptée en 1974, interminablement l’objet des soins et des corrections du législateur et des tribunaux. Mais pourquoi donc, après tous les débats que la protection de cette langue a suscités au Québec, serait-elle « confinée » ? C’est que, lorsqu’on regarde le traitement que le législateur québécois lui réserve, il est bavard pour certaines choses, et soudainement muet pour d’autres, au point qu’elle devient invisible, comme ces enfants illégitimes que l’on cachait jadis dans les familles et dont on taisait l’existence par toutes sortes de simagrées et des soupirs profonds.

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Le localisme : quel modèle pour le Québec ?

Pascal Leduc - avatar Pascal Leduc > Septembre 2020

La crise sanitaire actuelle a plongé le Québec dans une profonde réflexion sur la gestion de son économie. À gauche comme à droite, on s’interroge sur la meilleure façon de promouvoir l’économie locale, de réduire la dépendance internationale sur les biens et produits sensibles tout en continuant de favoriser le flux des échanges économiques transfrontaliers. À moins de fréquenter les gens à gauche de la gauche, on ne trouve plus personne pour militer pour des mesures protectionnistes traditionnelles comme les nationalisations, la réglementation accrue, la hausse des barrières tarifaires et la taxation du grand capital pour stimuler et protéger l’économie locale. Le localisme ou la promotion d’une économie de proximité devient alors beaucoup plus complexe à définir et à élaborer en une stratégie cohérente qui aura un effet structurant et directeur sur les politiques industrielles, le support aux entreprises, la fiscalité.

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Le Big Brother canadien : rapport Yale sur l’avenir des communications au Canada

Denis Monière - avatar Denis Monière > Septembre 2020

Le 29 janvier 2020, un groupe d’experts nommés en juin 2018 remettait aux ministres de l’Innovation et du Patrimoine du Canada, Navdeep Bains et Steven Gilbeault, un rapport visant à affirmer la souveraineté canadienne en matière de technologies numériques et à moderniser les lois régissant le secteur des communications au Canada. Avec la pandémie qui s’est imposée à l’ordre du jour dans les semaines qui ont suivi, ce rapport est passé sous le radar et n’a pas soulevé de débats. Il risque toutefois d’être lourd de conséquences puisqu’il touche un secteur névralgique pour le développement économique et culturel du Québec.

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2016ete250Rendue publique fin avril, l’Enquête sur les pratiques culturelles au Québec a connu un certain écho médiatique. Cela faisait plaisir de voir un tantinet reconnaître que les faits ne nourrissent pas le défaitisme et les tendances à l’autodénigrement qui, en certains milieux, marquent trop souvent les discours sur l’état de la culture.  Les tendances observées ne laissent poindre aucune pathologie sociale. Les statistiques, déclinées sous différentes rubriques, donnent effectivement la mesure d’un dynamisme réel, ce qui ne veut pas dire que tout est parfait et que tous les secteurs se tirent bien d’affaire. Celles qui concernent la lecture des livres ont permis de contrer un tant soit peu les discours catastrophistes. S’il est vrai qu’au cours des dix dernières années, l’enquête révèle une baisse de trois livres par année, passant de 19 à 16 ouvrages, ce résultat, pour inquiétant qu’il soit, ne justifie aucune morosité. Il est possible de l’améliorer par divers moyens.

Par-delà les statistiques cependant, ce qu’il faut d’abord viser c’est le renouveau culturel qui doit présider à redéfinir la place du livre et de la lecture. Les débats sur les habitudes numériques, sur les habitudes de consommation et de fréquentation des librairies et des bibliothèques ne sont pas inutiles, loin de là. Mais, quelles que soient les propositions mises au débat, elles se dessinent toutes sur un fond de scène culturel essentiel : pourquoi lire ?
À l’heure numérique, de l’information jetable et du tourbillon médiatique, à l’époque du mélange et de la cohabitation parfois difficile des cultures, au cœur des enjeux de convivialité et de cohésion sociale, la lecture comme pratique essentielle à la formation de la personnalité aussi bien qu’à celle de la compétence civique doit faire l’objet de la plus grande attention. C’est une pratique qui doit être au cœur de la prime socialisation, intégrée aux divers matériaux et moments de construction de la personnalité et du rapport au monde. À cet égard, les choses ont beaucoup évolué au Québec et il faut s’en réjouir. Mais en ces matières comme en beaucoup d’autres, le principal défi est celui de la constance.

Et en ces matières, si elle ne remplacera jamais le rôle de la famille, l’école joue néanmoins un rôle fondamental. C’est un lieu commun. Mais il faut le répéter : à l’heure où le gouvernement libéral vient de redécouvrir la réussite scolaire comme priorité nationale, il ne faut rater aucune occasion de lui rappeler que c’est par la lecture que se réunissent les conditions premières de cette réussite. Il faut certes des moyens financiers et des spécialistes de tous ordres, mais il faut également assurer une présence constante de la lecture dans le parcours scolaire, de la prématernelle à l’université. Cela peut avoir l’air d’un truisme, mais l’acquisition des habitudes de lectures ne se consolide qu’avec des exigences formelles intégrées à toutes les étapes de la formation. Des exigences plus élevées, faut-il le dire ?
Mais aucune réforme de l’éducation ne trouvera son efficacité maximale, si elle n’est pas soutenue par un ensemble de relais culturels. Les bibliothèques, les chroniques de livres dans les journaux, les recensions dans les périodiques professionnels, les références au livre dans les interventions publiques, tout cela est essentiel non seulement à la vie des livres, mais aussi à la vitalité de la lecture comme pratique culturelle.

Il faut mener un combat de tous les instants contre l’analphabétisme, c’est entendu. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Ce combat n’est fécond que s’il sert à faire reculer l’inculture et l’ignorance satisfaite. Au vingt-et-unième siècle, l’obscurantisme s’avance sous le jour festif de la culture de masse produite par un entertainment business assez disposé à se laisser instrumenter dans les logiques matérialisant l’antique adage : Panem et circensis.
C’est à peine une métaphore, la lecture est le liant essentiel du développement, la sève gardant vivant l’écosystème civilisationnel. Les liens entre la culture première et la culture seconde, selon la distinction faite par Fernand Dumont, ne peuvent être maintenus vivants que par une pratique de la transmission reposant en grande partie sur la lecture. Les livres sont essentiels à la construction d’un monde commun. La lecture est un des processus déterminants à cet égard, puisque c’est par elle, en grande partie, que se constitue la référence culturelle au fondement du débat public, référence indispensable à la cohésion sociale et nationale. Les atermoiements concernant l’établissement d’un corpus littéraire national riche dont la fréquentation serait marquante pour chacune des étapes du parcours académique en disent long sur ce qui reste à accomplir.

Lire pour vivre, tel devrait être le mot d’ordre dans une société amoureuse des livres et soucieuse de placer la connaissance au cœur de son développement comme au service de l’épanouissement des personnes. L’Enquête sur les pratiques culturelles donne une mesure. Les échanges et les réflexions sur la lecture peuvent donner le sens de ces pratiques. Un sens qui se construit lui-même dans la lecture de ce que les livres donnent à penser. Puisse la présente livraison y contribuer. Et ajouter aux plaisirs de ressourcement qui donneront saveur aux douceurs de l’été.

Robert Laplante
Directeur

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