Articles de Septembre 2020

Prévisions des effectifs au collégial. Un modèle trompeur

Frédéric Lacroix - avatar Frédéric Lacroix > Cégeps 101

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) utilise un modèle de prévision des effectifs au collégial pour guider le développement futur du réseau. Ce modèle, qui ne tient pas compte de la dynamique linguistique qui se déploie actuellement au Québec et à Montréal en particulier, minimise le développement futur et la place grandissante qu’occupent et qu’occuperont les cégeps anglais au Québec.

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Liberté. 60 ans de luttes et d’idées

Alexis Tétreault - avatar Alexis Tétreault > Comptes rendus de Septembre 2020

Liberté60 ans de luttes et d’idées. La déroute des hérosMontréal, no 326 (hiver 2020) Pour qu’adviennent un raisonnement aiguisé et une pensée bien structurée, nous dit Alain Finkielkraut, il faut arriver à penser contre soi-même. C’est, on imagine, avec cette intention que les collaborateurs de la revue Liberté ont abordé leur dernier opus qu’ils ont nommé « 60 ans de luttes et d’idées. La déroute des héros ». Il s’agit de revisiter l’héritage de la revue et, plus généralement, l’histoire du Québec dans...

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La question corse entre autonomie et indépendance

Thierry Dominici - avatar Thierry Dominici > Septembre 2020

La Corse, île du Mare Nostrum de moins de 9000 km2 et d’environ 360 000 habitants, a adhéré très tôt à l’esprit de la République française (le 30 novembre 1789). Pourtant, pour la majorité des Français continentaux, l’île de Beauté est un territoire où règne l’anarchie sociale, la gabegie, la vendetta et le non-droit, le clientélisme, le banditisme et les violences des indépendantistes, auxquels vient se mêler paradoxalement en surimpression le tableau d’une région à la nature préservée...

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Le confinement du français dans l’enseignement supérieur au Québec

Marc Chevrier - avatar Marc Chevrier > Cégeps 101

En cette période dite de « déconfinement » incertain, où l’apparent retour à la vie normale après plusieurs mois de réclusion abat une après l’autre les barrières érigées contre la pandémie de la COVID-19, subsiste une réalité, typique de ce coin d’Amérique, qui risque de rester longtemps confinée : la langue. Cette chère langue française, proclamée officielle depuis la loi 22 de Robert Bourassa adoptée en 1974, interminablement l’objet des soins et des corrections du législateur et des tribunaux...

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Pierre Mouterde. Les impasses de la rectitude politique

David Santarossa - avatar David Santarossa > Comptes rendus de Septembre 2020

Pierre MouterdeLes impasses de la rectitude politiqueVaria, 2019, 167 pages Plusieurs essais de 2019 ont porté sur la rectitude politique. L’empire du politiquement correct de Mathieu Bock-Côté critiquait à partir d’un point de vue conservateur ce mécanisme qui distingue avant toute discussion démocratique les idées acceptables de ceux qui ne le sont pas. De l’autre côté du spectre politique, Judith Lussier dans On peut plus rien dire, évoquait que le nouveau vocabulaire propre à la gauche, loin de censurer les...

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Le localisme : quel modèle pour le Québec ?

Pascal Leduc - avatar Pascal Leduc > Septembre 2020

La crise sanitaire actuelle a plongé le Québec dans une profonde réflexion sur la gestion de son économie. À gauche comme à droite, on s’interroge sur la meilleure façon de promouvoir l’économie locale, de réduire la dépendance internationale sur les biens et produits sensibles tout en continuant de favoriser le flux des échanges économiques transfrontaliers. À moins de fréquenter les gens à gauche de la gauche, on ne trouve plus personne pour militer pour des...

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Marc Chevrier. L’empire en marche

Nicolas Bourdon - avatar Nicolas Bourdon > Comptes rendus de Septembre 2020

Marc ChevrierL’empire en marche. Des peuples sans qualités de Vienne à OttawaQuébec, Les Presses de l’Université Laval, 2019, 648 pages Le politicologue et essayiste Marc Chevrier a fait paraître en novembre 2019 aux PUL, en coédition avec Hermann à Paris, L’empire en marche, des peuples sans qualités de Vienne à Ottawa, un ouvrage magistral dans lequel il jette un regard nouveau et corrosif sur nombre de fédérations dont le Canada. Selon lui, l’empire n’est pas mort, il a simplement changé...

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Confinement et indépendance

Rémi Villemure - avatar Rémi Villemure > Septembre 2020

Au tout début du tome 1 de Mes Mémoires (1878-1920), Lionel Groulx évoque l’enfance, qui fut la sienne, de façon merveilleuse. Élevé sur une petite ferme de la région de la Montérégie, celui qui deviendrait un jour l’intellectuel québécois le plus influent de la première moitié du XXe siècle se disait, dès son plus jeune âge, « prisonnier joyeux de son petit horizon ». Jusqu’à tout récemment, la formule empruntait à l’oxymore ses lettres de noblesse. Si elle prenait tout son...

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Distanciation nationale

Philippe Lorange - avatar Philippe Lorange > Septembre 2020

Les Québécois forment un drôle de peuple. À plusieurs reprises, on nous a dépeints comme étant habités de désirs contradictoires, et d’une incapacité à trancher. Nous voulons un Québec libre dans un Canada uni, comme disait l’autre. Ce trait d’ambiguïté révèle peut-être une forme d’immaturité collective et le signe d’une conscience nationale détournée, mais toujours tapie au fond de notre être. Notre intuition la plus haute, dans des moments fugitifs, sait ramener nos aspirations fondamentales...

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Enseignement à distance : pas si nouveau que cela

Laurence St-Germain - avatar Laurence St-Germain > Septembre 2020

Au mois de mai dernier, les étudiants québécois ont appris à contrecœur que la rentrée automnale dans les universités et les cégeps se déroulerait majoritairement à distance. En tant qu’étudiante, je me désole de voir que tout ce qu’il y a de plus humain, de plus formateur, de plus enrichissant dans un enseignement en présentiel entre un maître et son élève nous soit enlevé, sans autre forme de procès, au profit d’un apprentissage numérique, et...

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L’idéologie intersectionnaliste et la question nationale

Michel Roche - avatar Michel Roche > Septembre 2020

L’aspiration à l’indépendance exprimée dans divers secteurs de la population ou partis politiques est perçue, chez une partie de la gauche, tantôt avec indifférence, tantôt avec méfiance ou hostilité ouverte. L’un des paradoxes de cette gauche réside dans l’étiquette d’« identitaire » qu’elle inflige sans nuances aux indépendantistes tout en valorisant les multiples identités minoritaires.

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Éditorial - Rien ne va plus

Robert Laplante - avatar Robert Laplante > Septembre 2020

version PDF La légitimité du français au Québec ne va plus de soi. Tout au plus a-t-elle reçu quelques tièdes acquiescements quand une force politique avait entrepris d’en faire un enjeu d’État et pas seulement une affaire d’épanchements existentiels. La force aura été vacillante au point de devenir évanescente, plombée par la lutte acharnée menée contre notre peuple par l’État canadian et ceux qui le servaient et continuent de s’en réclamer, certes, mais surtout effarée de...

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À chaud

GNL-SAGUENAY

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Projet de construction d’un complexe de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay

Mémoire présenté au BAPE sur le projet GNL/Gazoduq par le Mouvement Québec Indépendant et L’Action nationale

Version PDF

2013printemps250Tout le malheur de l’homme vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. (Blaise Pascal)

Cela revient régulièrement dans l’air du temps. La capacité de lecture diminue, anémiée par les mauvaises habitudes induites par les médias sociaux, plombée par un mode de vie chronophage où tout le monde manque de temps pour tout. Il faut avoir tout compris en cent quarante caractères, ne rien lire de plus d’une page, râler sur les briques que nous assènent les libraires et ne concéder à la lecture tranquille que le temps d’un bain de soleil où les héros de polars sont les seules ombres tolérées.

Le ronchonnage sur les malheurs du progrès a pris une coloration particulière dans la presse locale après que Le Devoir (15 février 2013) ait reproduit l’entretien que Philip Roth accordait au journal Le Monde. Le romancier américain qui vient d’annoncer qu’il renonce à l’écriture s’y épanche sur les malheurs du temps : les grands lecteurs sont de moins en moins nombreux, les recueils de textes courts et les ouvrages en collaboration se multiplient, bref avec une telle production une certaine idée de la lecture est en train de périr non pas dans l’angoisse et la détresse, mais dans l’euphorie frelatée par l’impératif du divertissement. Le point de vue n’est pas nouveau et voilà déjà plusieurs années que les oracles nous prédisent le progrès de l’ignorance, la disparition du livre et le règne d’un internet où tout se vaut, se côtoie et s’abolit dans l’indifférenciation. Il n’est pas sans fondement.

Les bouleversements technologiques de cette ampleur ne vont pas sans provoquer de véritables maelstroms culturels. La culture de masse distillée par des empires commerciaux mondialisés, la marchandisation radicale envahissant tous les domaines de la vie et toutes les sphères de la société, l’explosion de tous les codes sous la pression d’un relativisme devenu peut-être le seul absolu des sociétés gavées, tout cela n’est pas sans conséquence sur la culture et sur l’un de ses véhicules essentiels, la lecture. Cela étant dit, même si le rapport à cette dernière change, elle reste le principal moyen de transmission et d’acquisition de la connaissance et de la culture savante en général.

Que la lecture de divertissement occupe une place si grande qu’elle en bouscule les formes « classiques », rêvées autant que révérées par la culture humaniste, il n’y a rien là d’étonnant. Le rôle fondamental de la lecture reste cependant le même, quelle que soit la combinaison des diverses pratiques qui la soutiennent et l’expriment. Ce qui devrait désoler Roth et tant d’autres comme lui, ce n’est pas tant la multiplication des textes courts et la propagation de la lecture multitâches que l’empire grandissant de la distraction et du divertissement dans la conduite de la vie. L’agitation frénétique qu’a bien décrite Jean-Jacques Pelletier dans ses ouvrages récents, est certes la forme la plus accomplie de l’aliénation marchande, mais elle ne saurait occuper tout l’espace de la culture, même si elle conditionne de plus en plus lourdement les modes de vie. Car tel est le paradoxe de la culture du divertissement, elle ne peut produire les conditions de sa reproduction.

Il faut la connaissance pour produire les infrastructures aussi bien que les contenus essentiels à la culture de la distraction. Et ces connaissances ne s’acquièrent pas par distraction. Si les informations peuvent se glaner comme des produits jetables, le savoir et les connaissances ne se possèdent que par l’ascèse et la discipline de l’esprit. C’est ce qui se joue dans le rapport à la lecture savante. Cela situe l’inquiétude au sujet des textes courts et de la lecture de divertissement dans leur juste perspective. Que les formules abrégées, les capsules et autres tweets de l’univers du babillage se répandent, cela ne renvoie, finalement, qu’aux formes contemporaines du papotage qui sacrifient davantage à l’électronique qu’aux ruelles et aux perrons d’église. Les questions à se poser ne renvoient pas tant à l’espace que ce papotage prend dans la vie des gens qu’à l’ennui qui peut le rendre si attrayant.

Que la lecture « facile » devienne une norme, que sa consommation réduise la capacité de concentration, qu’elle prescrive, pour ainsi dire, la pensée courte dans divers médias qui pratiquent le « texte de fond » de 550 mots, c’est affligeant. Mais c’est là un effet pervers industriel, celui de la culture de masse pour consommation rapide. Cela devient un malaise culturel grave quand cette même pratique contamine l’univers de la transmission des connaissances et de la formation de la pensée c’est-à-dire quand elle s’incruste dans le système d’enseignement.

L’école n’est pas le lieu du divertissement ni de l’initiation au décodage des plus récents engouements médiatiques, c’est le lieu de la connaissance. L’hédonisme de pacotille n’y changera rien, elle ne peut être alors que le lieu du travail et de la discipline. Cela peut certes se faire dans la joie, mais jamais sans effort. Et dans la mesure où il s’agit d’apprendre, lire est toujours un effort – plaisant parfois, mais toujours soutenu.

S’il y a matière à se désoler, c’est bien d’avoir laissé l’école à la merci de la culture du divertissement. C’est bien d’avoir exposé notre système scolaire à la plus odieuse des dualisations, celle qui se nourrit des clivages entre les détenteurs d’un capital culturel fort qui leur permet de compenser en partie les effets délétères de l’inculture transmise et de se former pour accéder à la culture savante et ceux-là qui n’auront pour seule matière à lire que les textes des tabloïds et des chroniqueurs à scandales. Dans un Québec où nous tolérons encore qu’un très grand nombre d’écoles primaires n’aient même pas de bibliothèque, les états d’âme sur la lecture facile font un peu convenu.

Il y a quelque chose de paradoxal à voir les fondations privées acheter du temps d’antenne pour convaincre les parents de faire la lecture à leurs enfants quand on sait la pauvreté des institutions qui devraient prendre le relais. Cette façon de ramener le problème dans la famille, d’en faire une question de compétence parentale sans faire le lien avec les institutions est insuffisant et probablement stérile. Les familles qui ont le plus besoin d’incitatifs pour donner le goût de la lecture ont bien davantage besoin de ressources institutionnelles que de clips publicitaires. Quand on sait que les budgets d’acquisition de livres des garderies sont faméliques, que les bibliothèques dignes de ce nom sont aussi rares dans les écoles qu’y sont nombreux les amas de gadgets technologiques que les tableaux dits intelligents viennent de détrôner, l’on se dit que l’argent pourrait être mieux employé.

Il n’y a rien comme les livres pour donner le goût de la lecture. Des livres et des lecteurs. Il ne serait pas mauvais qu’on consacre moins d’argent aux pubs et aux agences et plus de ressources pour acheter des livres, les mettre en valeur dans des bibliothèques bien dotées et les faire vivre par des professeurs – eux-mêmes lecteurs bien formés – solidement appuyés par un Plan lecture dont on rêve encore. Il en va de l’école illettrée comme de l’entertainment business, elle distille l’ennui pour mieux faire grandir le besoin de divertir.

C’est là que se trouvent les véritables raisons de se désoler.

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