Cahiers éditoriaux

  • Printemps 2019 - Une riposte porteuse

    2019printemps250Il était temps que les choses bougent. Le Devoir du 25 janvier (2019) rapporte qu’une révolte gronde dans le milieu feutré de l’édition savante. Les 27 membres du comité éditorial du Journal of Infometrics ont démissionné en bloc pour protester contre les pratiques commerciales usuraires de leur éditeur. Le professeur Vincent Larivière de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal a pris la direction intérimaire du nouveau magazine qu’ont choisi de fonder les démissionnaires en guise de riposte. Ils veulent publier en libre accès gratuit.

  • Été 2019 - Lire l'été

    2019ete250Le ciel était morose. La journée s’étirait. Mais pas la réunion. Il a fallu une sonnerie impromptue pour rappeler l’équipe à l’ordre. Nos échanges avaient duré plus de deux heures et personne ne s’en était rendu compte. Le comité de rédaction des Cahiers était entré en phase passion. Les discussions avaient emporté tout le monde. Nous avions à revoir et sélectionner les textes pour composer le sommaire du présent numéro et c’est Le Québec à 5 km/h qui a tout déclenché. Nos expériences de lecture, nos récits de randonnée pédestre, le plaisir de profiter des paysages, tout cela partait dans tous les sens. Et nos discussions ne cessaient de rebondir sur les titres que nous avions à ordonner pour composer le présent sommaire. Et nous passions des sentiers de randonnée aux paysages démesurés que célèbre Monique Durand. Et nous revenions à cette célébration de la lenteur par Nathalie Le Coz. Et nous avions plaisir à en rajouter sur le temps que nous prendrions pour lire cet ouvrage que nous présentait Pascal Chevrette. Le temps long, le temps de l’été et des vacances. Et cela aura donné sa trame et son horizon au présent numéro.

  • Automne 2019 - L’art de s’annuler

    2019automne250Ce genre de nouvelles revient aussi régulièrement que les pluies d’automne. Les firmes de relationnistes doivent bien faire leur travail : à l’occasion d’un congrès professionnel de bibliothécaires, de documentalistes ou d’un quelconque regroupement de la chaîne du livre, une analyse nous est livrée sur le sort des bibliothèques publiques, sur les statistiques de fréquentation, les habitudes de lecture, etc. Cette fin d’octobre n’a pas fait exception. Cette fois, c’est un sondage commandé par la Fédération des milieux documentaires qui distillait les bonnes nouvelles. Le Devoir en a fait toute une colonne dans son édition du 29 octobre. Les pourcentages avaient l’air de fournir de bonnes nouvelles : les Québécois qui fréquentent les bibliothèques en sont largement satisfaits, 78 % des répondants ont lu au moins un livre au cours de la dernière année, 38 % d’entre eux ont déclaré avoir visité une bibliothèque au cours du dernier mois, etc. Illusion passagère ?

  • Printemps 2020 - Le projet Miguasha

    2020printempsMIGUASHA250Il fallait saluer l’ouvrage de Patrick Couture et l’accueillir dans l’originalité de son propos, comme le fait Pascal Chevrette dans l’entrevue de la présente livraison. La préhistoire du Québec en dit beaucoup plus sur le présent que sur la paléontologie dont se passionne l’auteur.

    Un livre transporte toujours plus que son contenu. Le projet de son auteur porte toujours plus loin que ses intentions. Et ce n’est pas d’abord une affaire d’interprétation de son strict contenu. Il est toujours à la fois sédiment, trace et mystère, mais d’abord un artefact du futur. Et c’est là tout l’intérêt de l’audacieux projet qui sous-tend cette entreprise de vulgarisation scientifique. C’est un livre qui donne à penser bien au-delà des connaissances qu’il met en récit. En deçà, devrait-on plutôt dire pour rester dans le registre où il s’inscrit. Car en posant, comme il le fait, le récit des origines, Patrick Couture entraîne ses lecteurs dans un questionnement sur ce qui fait le socle de sa propre entreprise. 

  • Été 2020 - Lire local, lire normal

    2020ete250Le livre, ses artisans, son industrie, ses lectorats, rien ni personne n’aura échappé à la pandémie. L’heure des bilans n’a pas encore sonné, mais l’on sait d’ores et déjà qu’un peu partout des vaillants manqueront à l’appel. Le marché est aussi impitoyable que les virus. La raison marchande a déjà causé des défaillances majeures que les mesures d’urgence d’un État Providence tout à coup réhabilité n’auront pas suffi à réparer. Tout l’écosystème sera à revoir. Ceux-là qui pensent que la reprise signifiera recommencer comme avant confondent optimisme et pronostic.

  • Automne 2020 - Compagnons des jours gris

    2020automne250Voir le sommaire du numéro

    Un sondage mené par l’Association des bibliothèques publiques auquel faisait écho le journal Le Devoir du 19 octobre donnait des résultats réconfortants. Il faut les apprécier, la pandémie apporte déjà son trop lourd paquet de mauvaises nouvelles. Dans l’univers du livre, la crise sanitaire aura eu au moins un effet accélérateur bénéfique. « Pendant le confinement (de mars à juin), les prêts numériques ont bondi de 117 %, tandis que le nombre d’utilisateurs a crû de 175 % » nous apprend le sondage. Ainsi donc les pratiques de lecture auront connu une évolution accélérée. Comme le télétravail, les nouvelles habitudes réalisent désormais des virtualités qui, jusqu’à il y a peu, tardaient à s’implanter.

  • Printemps 2021 - Tenir les livres loin de la prohibition

    2021printemps250Chaque époque a ses sensibilités. C’est dire que les pudeurs varient, que ceux et celles qu’elles inspirent ou révulsent ne sont pas toujours les mêmes. C’est aussi dire que les fausses pudeurs meublent tout autant et avec les mêmes variations les arsenaux de la mauvaise foi. En ces matières comme en bien d’autres, le relativisme ne doit pas servir de paravent à l’angélisme.

    Les événements qui se précipitent dans le monde universitaire imposent des débats sur la censure qu’il n’est plus possible de minimiser. Quand des universitaires acceptent de mettre au ban des auteurs, qu’ils acceptent de censurer les œuvres et de mettre des livres à l’index, quelque chose pourrit dans la culture. La vertu qui veut faire mourir des livres n’est rien moins que philtre toxique. Peu importe la sensibilité qui l’inspire, l’appel à la prohibition ne peut jamais être tenu pour banal et encore moins être dispensé d’un questionnement sévère de ses justificatifs.

  • Été 2021 - Place aux artisans du sens

    2021maijuin250Les choses commencent à se tasser, la sortie de pandémie ne semble plus tenir du boniment de motivateur. Tant mieux si les choses continuent de s’améliorer. Mais il ne faudrait surtout pas que les appels au retour critique sur les événements restent lettre morte.

    Les débats sur la reprise vont être intenses, les conflits de priorité ne vont pas manquer. La pandémie aura eu le dos large, les propositions de voies de sortie ne l’auront pas moins. Il faudra pourtant se rendre à l’évidence : des urgences plus urgentes que d’autres s’imposent. Ce sont celles du sens, des significations à accorder aux choix à naître qui devraient s’imposer.

    Les pragmatiques ne manqueront pas de rappeler que le secteur culturel est celui qui répond le plus rapidement aux mesures de relance, qu’il est celui qui apporte le plus vite le retour fiscal qui en réduirait les coûts. Ils n’auront pas tort de réclamer un effort immense pour garder l’intégrité d’un complexe institutionnel très durement frappé et dont certains pans menacent même de s’effondrer. Il faudra pourtant aller au-delà de ces considérations pour éviter de passer à côté de l’essentiel : ce que la crise a révélé le plus durement, c’est la question du sens, de ce qui est essentiel au lien social. Autant dire que la pandémie aura fait des rappels en cascades du rôle vital de la culture.

  • Automne 2021 - Le maillon le plus faible

    2021automne250Depuis 1989 la Fondation pour l’alphabétisation poursuit un travail essentiel. Elle vient réduire avec constance et détermination le rôle fondamental de la littératie dans l’intégration des personnes à la vie collective, qu’il s’agisse du développement des compétences civiques indispensables à la participation démocratique, de la maitrise de la capacité d’apprendre requise pour participer au marché du travail ou encore, et plus globalement, pour saisir la complexité du monde et s’épanouir au contact des grandes réalisations de la culture et des arts.

  • Printemps 2022 - Un moment instituant

    2022printemps250Voir le sommaire du numéro

    Il faudra des années et beaucoup de travail pour bien comprendre les effets de la pandémie sur la vie culturelle du Québec. Pour l’instant, la stupeur et l’anxiété dominent et ne cessent de nourrir les prophètes de malheur. Cela donne de la matière aussi abondante que facile, même si plusieurs commencent à dénoncer l’effet dépresseur du sensationnalisme qui contamine les perceptions et ajoutent au découragement que les faits accablants suffisent pourtant à justifier.

  • Été 2022 - Si la tendance se maintient

    2022etecouvertures250Les articles surgissent périodiquement comme pour redire un étonnement : la croissance des ventes de livres québécois se maintient. L’effet pandémie aurait donc été durable. Un nombre grandissant de lecteurs et lectrices trouvent leur miel dans la littérature, dans les essais aussi bien que dans les livres pratiques qui paraissent ici. Ce genre d’étonnement ne cesse d’être étonnant !

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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