Numéros publiés en 2014

Numéros publiés en 2014

Forces et faiblesses de la proposition écossaise 

GOUVERNEMENT ÉCOSSAIS/Scottish National Party
Scotland’s Future : Your Guide to an Independent Scotland, Livre Blanc, Édimbourg, 2013, 650 pages

Quels que soient les résultats du référendum du 18 septembre prochain, on ne pourra certainement pas reprocher au gouvernement écossais du Scottish National Party (SNP) d’avoir manqué à ses devoirs. Le premier ministre et chef du SNP, Alexander Salmond, répète depuis des mois que la proportion des Écossais que les nationalistes pourront rallier à la cause de l’indépendance sera d’égale importance à celle des Écossais ayant été correctement informés des limites du cadre constitutionnel britannique et des opportunités offertes par la sécession. En d’autres termes, comme c’est souvent le cas en ce qui a trait aux grands choix politiques s’offrant aux citoyens des démocraties modernes, l’information – et à plus forte raison la désinformation – se révélera sans doute être le « nerf de la guerre ». Il s’agit d’une vérité incontournable, tant pour les promoteurs de l’indépendance que pour ses opposants. Le SNP semble l’avoir rapidement assimilée ; déjà en 2007, alors qu’à la surprise générale il arrivait à former un gouvernement minoritaire, une « Conversation nationale » – concept qui réveillera peut-être de mauvais souvenirs chez certains souverainistes bien de chez nous – avait été lancée et devait mener à la publication d’un premier livre blanc, Your Scotland, Your Voice, fin septembre 2009.

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Stephen Harper et la mutation de l'identité canadienne (2e partie)

La première partie de ce texte a paru dans le numéro de janvier 2014.

De Manning à Harper
Le nouveau Canada de Preston Manning

Le Reform Party est indissociable de la personnalité et des idéaux de son fondateur, Preston Manning. Il est généralement considéré comme allant de soi que Manning serait un conservateur intransigeant, en bonne partie à cause de la place prépondérante de sa foi chrétienne. Or, comme le souligne Tom Flanagan[1], si une obligation de classer Manning nous impose de le placer davantage à droite qu’à gauche, ses positions tiennent davantage à du populisme qu’à du conservatisme. Pour illustrer son point, Flanagan cite un certain nombre d’exemples des positions du chef fondateur. Sur des questions comme l’avortement ou le suicide assisté, Manning était certainement farouchement contre les deux, mais n’en avait pas moins comme position officielle de soumettre le premier à un référendum et de légaliser le second tout en y étant opposé à titre personnel et moral[2].

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Yvan Lamonde et Jonathan Livernois. Papineau, erreur sur la personne

Yvan Lamonde et Jonathan Livernois
Papineau, erreur sur la personne, Montréal, Boréal, 2012, 201 pages

La recherche de la continuité historique est au cœur du discours nationaliste, mais cette logique conduit parfois à des distorsions qui tentent de justifier les projets d’aujourd’hui en se servant de l’exemple du passé. Même si le passé est toujours sujet à l’interprétation et à la controverse, il y a parfois des exagérations qui doivent être corrigées ou nuancées, ce que se propose de faire le livre de Lamonde et Livernois qui remettent en question l’appropriation de la pensée de Papineau a des fins partisanes à la fois par les tenants du fédéralisme et de la souveraineté. À cet égard, à titre d’exemple, ils citent un discours de Jacques Parizeau qui, en 1995, faisait de Papineau l’ancêtre du projet de souveraineté-partenariat. Selon Parizeau, Papineau aurait réclamé le gouvernement responsable pour le Bas-Canada (l’équivalent de la souveraineté) et son maintien dans l’Empire britannique (le partenariat).

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Serge Cantin (dir.). L’éducation en péril

Serge Cantin (dir.)
L’éducation en péril. Pour mieux comprendre le « printemps érable », Les Cahiers Fernand Dumont. Pour l'avenir de la mémoire no. 2, Fides, 2013, 430 pages

La culture est donc moins que jamais la maison de l’homme. Malgré tout, elle reste son lieu, parce qu’elle est, à la différence de nos velléités individuelles, comme un objet inséré dans la vie des choses et du monde, un ensemble de rapports de la conscience envers son univers et que nous ne pouvons confondre ni avec les catégories fondamentales de l’esprit ni avec les intentionnalités transcendantes que cherchent à dégager les métaphysiques. La conscience se trouve prise dans les jeux de la culture, se découvrant dans la distance qu’elle instaure et dans la pressante nostalgie de la réconciliation qui l’anime par ailleurs.

Fernand Dumont, Le lieu de l’homme, 1968 (p. 27)

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Pour un tournant républicain vers la souveraineté

On doit en grande partie la remontée actuelle du Parti québécois dans les intentions de vote à sa réappropriation des questions identitaires dans son discours et ses politiques, dont le projet de Charte des valeurs québécoises représente la mesure la plus emblématique. Force est de reconnaître que cette démarche identitaire a récemment donné un nouvel élan à ce parti, que le scrutin général printanier devrait servir à confirmer[1]. Cette remontée est spectaculaire, alors qu’il y a à peine trois ans, ce parti était secoué par quatre défections et que son existence même semblait ne plus être assurée. Même ceux qui, chez les souverainistes, se sont montrés ou continuent de se montrer critiques à l’égard de ce projet de Charte ne peuvent nier les succès populaires qu’il remporte. Aussi, sont-ils nombreux à s’y être graduellement ralliés ces dernières semaines[2].

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Le miroir aux alouettes

L’analyse des campagnes électorales montre que les discours électoraux remplissent différentes fonctions et qu’ils varient au cours d’une campagne électorale parce qu’ils s’adressent à différents segments de l’électorat. En début de campagne, ils activent les ressorts de la mobilisation des militants pour qu’ils donnent temps et argent au parti alors qu’en fin de campagne ils auront tendance à activer la fonction de rassemblement pour attirer les indécis. Le contenu des discours varie en conséquence. Le discours de mobilisation fait appel à l’idéologie du parti alors qu’en fin de campagne le discours se veut plus rassembleur en s’éloignant de l’idéologie partisane et en se positionnant en fonction d’enjeux plus consensuels.

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Justin Trudeau ou la quintessence de l’image

Certes, tous les politiciens soignent leur image, mais Justin Trudeau a atteint un sommet inégalé. Le PLC a déjà tenté sa chance avec deux intellectuels – Ignatieff et Dion – avec les déboires que l’on connaît. Il essaiera maintenant de gagner les prochaines élections fédérales avec un être vide de substance ; il s’agit d’une brillante idée, car l’avantage avec le vide, c’est qu’il peut être rempli comme on le désire. Il fallait entendre le directeur national du PLC, le milliardaire Stephen Bronfman, répondre à des journalistes qui lui demandaient s’il était laborieux de faire du financement pour Parti libéral : « C’est pas si difficile parce qu’on a quelque chose que le monde veut acheter, Justin. Justin est très “vendable” ». Et les conseillers du PLC pourront maintenant modeler à l’envi le produit Trudeau pour qu’il réponde aux besoins des électeurs : la création récente d’une base de données intitulée Liberalist permet au parti de connaître les caractéristiques des électeurs : leur adresse, leur origine ethnique, leur adresse et bien sûr leurs opinions politiques…

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Le débat sur la laïcité au Québec : une question juridique ?

Le dépôt récent de quelques avis juridiques sur le projet de loi 60, la charte de la laïcité ou charte des valeurs, a fait couler beaucoup d’encre de la part d’éditorialistes et de chroniqueurs ces dernières semaines. Que ce soit le fameux avis du Barreau ou celui de la Commission des droits de la personne, la manière dont fut rapporté le contenu de ces documents pourrait bien donner l’impression aux lecteurs que le droit, cette maîtresse bienveillante qui distingue les civilisés des barbares, nous offre une unique réponse aux questions que les Québécois tentent (presque en vain) de se poser depuis ces derniers mois. Ce n’est pourtant pas le cas. Dans une société de droit, la laïcité que propose le Gouvernement du Québec n’est ni interdite, ni obligatoire. Le « droit », en tant que science, reste neutre sur le sujet. Il ne nous offre aucune échappatoire facile.

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Élections Montréal 2013 (2) - La nouvelle donne montréalaise

Deuxième de trois parties
La première partie de cette analyse, « Une démocratie dysfonctionnelle », a été publiée dans le numéro de février 2014.
Le positionnement des partis municipaux

Dans le contexte québécois, on peut décoder les choix des Montréalais selon les deux lignes de clivage traditionnelles, soit le clivage dominant basé sur l’appartenance linguistique au groupe francophone et les attitudes face au nationalisme, soit le clivage des classes sociales, entre la gauche et la droite. En matière de clivage entre partisans d’un Québec des communautés (les « multiculturalistes ») et partisans d’un creuset intégrateur, la question de la Charte de la laïcité a ici servi de marqueur pour tous les partis au cours de la campagne électorale. Tous les partis montréalais se sont positionnés face à la Charte, chacun la rejetant et promettant de la combattre vigoureusement une fois élu.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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